ARtilleurs : Un faisceau de lumière remplace des manettes
Depuis la mi-juillet, à l'intérieur de la Tour Martello 4, deux canons montés sur rails pivotent et envoient des boulets virtuels vers des cibles disséminées sur une reconstitution des plaines d'Abraham du début du XIXe siècle. L'expérience s'appelle ARtilleurs.
Deux articles parlent déjà de notre expérience, le journal de Québec (article #1) et la plateforme d’information MonQuartier (article #2). Les médias ont raconté l’expérience des visiteurs et l’histoire des tours. Dans ce texte, nous voulons expliquer la technologie de détection car celle-ci n'existait pas avant qu'on la construise.
Détecter un impact sur un mur, ce n'est pas nouveau. Ce qui l'est, c'est l'architecture qu'on s'est imposée: aucune liaison électronique entre les « armes » et l'ordinateur, pas de Wi-Fi, pas de Bluetooth, pas de synchronisation et communication à maintenir. Toute l'information voyage par la lumière.
Nous avons soumis notre hypothèse à des spécialistes externes et leur verdict était incertain. Assez pour justifier l'investissement en R&D, mais pas assez pour garantir le résultat. C'est exactement là où la R&D devient un vrai pari, il faut acheter de l'équipement, y mettre du temps de développement et accepter que l'hypothèse puisse s'effondrer.
Le programme collaboratif du MEIE (PAPDE) est venu sécuriser une portion des investissements en R&D.
Notre concept ressemble à celui d’une télécommande. Dans une télécommande, une DEL infrarouge y envoie un message encodé, une suite de bips proche du morse, et un petit capteur le déchiffre. La lumière est diffuse, le récepteur, unique, est spécialisé, et le délai de réponse à peu d’importance.
ARtilleurs inverse presque cette géométrie. Nos pointeurs laser émettent, eux aussi, un signal infrarouge encodé, mais le faisceau n'inonde pas la pièce, il projette un petit point lumineux sur surface de projection. Une caméra rapide capte l'image infrarouge sur la surface de projection, un algorithme analyse l’image, trouve où est le point, et quel message il transmet: ex: Le canon n° 1 vient de tirer ici. Le canon n° 2 vise là.


Pour un studio indépendant qui aime innover dans le divertissement interactif, c'est ça, le vrai livrable : pas seulement un défi dans une tour historique, mais une brique technologique réutilisable. Le tout conçu, prototypé, validé et installé en moins de quatre mois.

#INDIE BIG
Merci à:
Merci au Musée des plaines d'Abraham qui nous ont ouvert la Tour Martello 4 et apporté la rigueur historique du projet, à Awastoki, studio wendat de Wendake, pour la reconstruction 3D des plaines, à Conception Alain Gagné, qui a fabriqué le module physique exactement selon nos plans, à Elisabeth-Anne Bütikofer de Québec ÉPIX qui nous a mise en contact et supportée dans notre approche avec le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie (MEIE). Merci au Programme d'appui aux projets de développement économique (PAPDE), qui à offert un appui d'une rare rapidité, sans lequel le projet n'aurait tout simplement pas vu le jour.
Mention spéciale, à Jean-François Lalonde, professeur à l'Université Laval et spécialiste en vision par ordinateur, ainsi qu'à Nicolas Lapointe, de Point.Laz, qui ont accepté de challenger notre hypothèse avant même le premier prototype. Leur regard critique nous a permis d'investir en connaissance de cause.





